Publié le 23.03.2026 dans Les étapes de la vie, Prévention

Détecter et maîtriser la pornodépendance

L’accès à des contenus pornographiques n’a jamais été aussi facile. Des contenus explicites sont accessibles en quelques clics, gratuitement, de manière anonyme et discrète, ce qui peut avoir un impact aussi bien positif que négatif sur les personnes et les relations. Découvrez dans cet article comment reconnaître la pornodépendance et quelles conséquences négatives une consommation compulsive de pornographie peut avoir sur la vie quotidienne, le bien-être et les relations.

La pornodépendance en un coup d’œil 

  • Dans le langage courant, l’«addiction au porno» désigne un comportement problématique en lien avec la pornographie. Or, le diagnostic de dépendance à la pornographie n’existe pas officiellement sur le plan médical et psychologique. 
  • La consommation de pornographie devient problématique lorsqu’elle est excessive et entraîne une perte de contrôle, une souffrance et des conséquences négatives au quotidien ou au sein du couple. 
  • Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes. 
  • Des sexologues qualifié-e-s, des services de conseil et des thérapies comportementales auprès d’un ou d’une psychothérapeute apportent leur aide. 

Les contenus pornographiques n’ont jamais été aussi faciles d’accès. Une enquête de la psychothérapeute et sexothérapeute Ursina Donatsch montre que 

  • 93 % des hommes suisses regardent des vidéos pornographiques au moins une fois par an; 
  • 57 % des femmes suisses regardent des vidéos pornographiques au moins une fois par an; 

Les vidéos pornographiques peut avoir des effets positifs sur notre sexualité, notre santé sexuelle et notre satisfaction relationnelle. Elles peuvent ainsi aider à découvrir des préférences sexuelles, à trouver de l’inspiration ou à déclencher et augmenter l’excitation sexuelle.  

D’autre part, une consommation excessive de pornographie peut conduire à des attentes irréalistes, à des difficultés sexuelles, voire à négliger ses obligations sociales ou professionnelles. 

Qu’est-ce que la pornodépendance au juste? 

L’«addiction au porno» est un mot de notre langage courant qui décrit un comportement problématique en matière d’utilisation et de gestion de la pornographie. Jusqu’à présent, il n’existe pas de diagnostic ou de classification autonome de la dépendance à la pornographie. La pornodépendance est plutôt un trouble du contrôle des impulsions avec des caractéristiques typiques, défini depuis 2022 comme un «comportement sexuel compulsif» dans la Classification Internationale des Maladies CIM-11. 

Les caractéristiques suivantes sont typiques de la dépendance à la pornographie: 

  1. Perte de contrôle: manque de contrôle sur la fréquence et la durée de la consommation. 
  2. Impériosité: besoin intense et récurrent de pornographie et de contenus pornographiques. 
  3. Souffrance: malgré les conséquences négatives, par exemple les répercussions sur la relation et le désir de changement, le comportement se poursuit. 
  4. Abstinence impossible: le comportement dure depuis au moins six mois et l’abstinence ou la réduction de la consommation n’est pas possible malgré des tentatives. 
  5. Absence de satisfaction: le comportement ne conduit pas à la satisfaction souhaitée et recherchée. 

En outre, la consommation extensive de pornographie peut entraîner le développement d’une tolérance ou l’absence de symptômes de sevrage. 

Bien sûr, la consommation fréquente de pornographie n’est pas toujours un signe d’addiction. Mais si les caractéristiques mentionnées ci-dessus apparaissent, cela peut indiquer une consommation de pornographie problématique.

Addiction au sexe: quelle est la différence?

Tout comme la pornodépendance, l’addiction au sexe n’est pas une dépendance à proprement parler, mais un trouble du comportement sexuel compulsif. L’addiction au sexe se caractérise par l’envie exagérée d’actes sexuels, ainsi que par la forte souffrance qu’elle entraîne. Les caractéristiques et les conséquences sont également similaires à celles de la dépendance à la pornographie (perte de contrôle, conséquences négatives pour l’entourage personnel, dégradation de la qualité de la relation). 


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Qui est concerné par la pornodépendance? 

La consommation de pornographie est encore nettement plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Mais selon de récentes enquêtes, les femmes aussi regardent de plus en plus souvent des vidéos pornographiques. Pourtant, elles ne sont pratiquement pas touchées par la pornodépendance. 

Contrairement aux hommes. Dans une étude publiée par la revue Zeitschrift für Sexualforschung, un homme sur trois estime que sa consommation de pornographie est trop élevée. Selon les spécialistes, 5 à 10 % des hommes sont «accros au porno» et ne peuvent pas contrôler la fréquence, le moment et l’ampleur de leur visionnage de vidéos pornographiques. 

Une étude réalisée en 2021 auprès de jeunes Suisses montre que certains consomment de la pornographie presque tous les jours: 

  • 14 % des hommes regardent des vidéos pornographiques trois à sept fois par semaine. 
  • 3 % des hommes regardent des vidéos pornographiques plusieurs fois par jour. 

«L’utilisation et la consommation de pornographie peuvent avoir des répercussions positives et négatives sur le bien-être, la sexualité et les relations. Une approche consciente et réfléchie ainsi qu’une communication ouverte au sein de la relation sont décisives.»

Miriam Siegenthaler, sexologue M.A | FSS 

Pourquoi la pornographie crée-t-il une dépendance? 

Différents facteurs biologiques, psychiques, génétiques et sociaux peuvent contribuer à l’apparition d’une pornodépendance:  

  • Poussée de dopamine: la consommation de pornographie libère une grande quantité du neurotransmetteur qu’est la dopamine. Cela déclenche un sentiment de bonheur et incite notre cerveau à répéter ce comportement. 
  • Accès simple et gratuit: que ce soit sur un ordinateur portable ou un smartphone, la pornographie est à portée de clic. En Suisse, le site pornographique le plus populaire au monde est plus visité que le site des CFF. 
  • Facteurs psychiques: la pornodépendance est souvent associée à des maladies psychiques telles que les dépressions ou les troubles anxieux. Mais les comportements addictifs existants peuvent aussi favoriser cette dépendance, tout comme les expériences traumatisantes, les tensions ou les crises familiales. 

La plupart du temps, il s’agit d’une interaction complexe de différents facteurs qui influencent le comportement sexuel et peuvent entraîner une addiction à la pornographie. 

Conséquences de la pornodépendance 

Comme les causes, les conséquences et les effets d’une addiction à la pornographie sont très variés. Ainsi, un comportement problématique autour de la consommation de pornographie peut avoir des conséquences psychiques et physiques. Par exemple: 

  • Tensions au sein du couple: dans les relations de couple, une pornodépendance peut entraîner des attentes irréalistes ou des difficultés sexuelles. La sexualité humaine réelle est souvent moins excitante que la sexualité vécue à l’écran. Cela pèse souvent sur le couple. 
  • Affaiblissement émotionnel: les stimuli normaux du sexe réel perdent de leur efficacité parce que les personnes concernées ne sont pas en mesure de percevoir et d’approfondir physiquement les stimuli sexuels. Cela conduit souvent à un manque de désir sexuel généralisé. 
  • Problèmes d’érection: la pornodépendance peut également conduire à ce qu’une érection ne soit plus possible qu’en regardant de la pornographie, mais pas lors de relations sexuelles réelles.
  • Troubles de la concentration: des études montrent qu’une forte consommation de contenus pornographiques s’accompagne souvent de problèmes de concentration, d’un manque d’entrain et d’une grande fatigue. Cela va tellement loin que les personnes concernées ne peuvent pas s’acquitter de leurs obligations privées et professionnelles comme d’habitude. 

Les dépressions ou les troubles anxieux font aussi souvent partie des symptômes concomitants d’une pornodépendance. 

Assurance complémentaire adaptée

Parler de films pornographiques, de pensées dépressives ou d’anxiété avec un-e psychothérapeute? C’est également possible en ligne. Avec l’assurance complémentaire Atupri Intense, les assuré-e-s reçoivent jusqu’à CHF 2’000.– pour des séances de psychothérapie en ligne via Aepsy.

À partir de quand devient-on accro au porno? Reconnaître la dépendance à la pornographie 

Suis-je accro aux films pornographiques? Si vous vous posez cette question, vous pourrez vous pencher sur les symptômes et les signes de pornodépendance et/ou sur le comportement sexuel compulsif lié à la consommation problématique de pornographie. 

Il convient de souligner que la consommation fréquente de contenus pornographiques ne constitue pas à elle seule une addiction à la pornographie. 

Les symptômes possibles sont plutôt les suivants: 

  • Troubles de la fonction sexuelle tels qu’absence d’érection lors des rapports sexuels avec la ou le partenaire ou difficultés à atteindre l’orgasme
  • Problèmes de sommeil, fatigue, difficultés de concentration 
  • Diminution de la libido et manque d’intérêt pour les relations sexuelles avec des personnes réelles 
  • Faible estime de soi, sentiment de honte, humeur abattue 

Un comportement problématique s’exprime aussi souvent par des signes tels que la perte de contrôle sur son propre comportement, la durée et la fréquence de la consommation de pornographie, la nécessité de consommer des contenus de plus en plus durs ou encore l’incapacité d’arrêter de se comporter malgré le désir de le faire. La souffrance est aussi souvent une caractéristique de la pornodépendance. Les personnes concernées éprouvent des sentiments désagréables, voire des douleurs en regardant de la pornographie ou après, mais elles ne peuvent pas s’arrêter. 

Si vous avez l’impression que votre consommation de pornographie est problématique et que vous souhaitez changer quelque chose, vous devez impérativement en parler à un-e spécialiste. 

Je regarde très souvent des films pornographiques – comment puis-je changer cela? 

Les personnes qui se sentent fortement pénalisées par leur propre consommation de pornographie devraient demander de l’aide à un-e professionnel-le. Les interlocutrices et interlocuteurs privilégié-e-s sont les psychothérapeutes et sexothérapeutes qualifié-e-s, ou les services de conseil pour la santé sexuelle. Avec l’aide d’un-e thérapeute, il est possible d’identifier les causes du comportement problématique et les traitements possibles. 

Des études scientifiques sur le meilleur type de traitement font encore défaut. Mais une thérapie sexuelle ou comportementale – seul-e ou en groupe – est considérée comme efficace. L’objectif n’est pas d’arrêter immédiatement et complètement la consommation, mais de la réduire en continu. Un journal de l’addiction ou des plans de rechute peuvent être utiles. Ces derniers déterminent par exemple comment les personnes concernées peuvent éviter de regarder des films pornographiques lorsqu’elles ressentent l’impulsion. Des outils techniques tels que des filtres ou des limites de temps pour les applications peuvent également être utiles. 

Identifier la pornodépendance chez d’autres personnes et en parler 

Les comportements sexuels compulsifs tels que la pornodépendance peuvent peser non seulement sur la personne concernée elle-même, mais aussi sur sa ou son partenaire. Il est donc d’autant plus difficile d’aborder avec son interlocutrice ou interlocuteur son potentiel comportement addictif face à des contenus pornographiques. À cela s’ajoute le fait que les discussions sur la consommation de films pornographiques et sur la sexualité en général sont associées à de la honte. 

Il n’existe pas de recette simple pour une discussion franche et honnête sur le comportement sexuel. Là aussi, il peut être utile de demander l’aide d’un service de conseil ou d’un-e spécialiste qualifié-e.  

Ce que je peux vous conseiller en plus en tant que sexothérapeute: 

Parlez franchement et honnêtement de sexe. La sexualité est un élément essentiel de la santé mentale et physique et de la satisfaction relationnelle. Le mieux est donc de discuter régulièrement avec votre partenaire de vos souhaits, de vos préférences et de vos limites en matière de relations sexuelles, et pas seulement en lien avec la consommation de pornographie. Créez de l’espace pour parler plus ouvertement de sexualité et de santé sexuelle. Le guide d’Atupri peut vous y aider. 

Let’s talk about sex, baby!  

Comment réussir à parler ouvertement de ses désirs, de ses préférences et de ses limites en matière de relations sexuelles? Nous nous sommes aussi posé la question et avons donc élaboré un guide. Pour une discussion sans honte ni stress, ludique et ouverte.

Foire aux questions sur le thème de la pornodépendance

Il n’y a pas de limite fixe à la consommation «normale» de pornographie. Ce n’est pas la fréquence qui importe, mais le fait que la consommation soit volontaire, contrôlée et sans conséquences négatives. Pour de nombreuses personnes, la pornographie fait partie de leur sexualité. La situation devient problématique lorsque les films pornographiques deviennent la principale ou la seule forme de satisfaction sexuelle, ou qu’ils soient associés à du stress, de la honte ou de la souffrance. 

Dans le langage courant, on parle d’«addiction au porno» lorsque la consommation n’est plus maîtrisable et a des conséquences négatives. Dans le langage professionnel, on parle de «comportement sexuel compulsif». Les signes sont une perte de contrôle, une consommation croissante, des tentatives infructueuses d’arrêter de consommer de la pornographie ainsi que des difficultés dans la vie quotidienne, les relations ou la santé psychique. Une consommation fréquente n’est pas toujours problématique. 

Si vous ressentez votre consommation de pornographie comme un fardeau, un soutien professionnel peut vous aider. Les interlocutrices et interlocuteurs privilégié-e-s sont les psychothérapeutes et sexothérapeutes ou les services de conseil spécialisés pour la santé sexuelle. Un premier entretien permet d’évaluer la situation et de planifier en commun les démarches appropriées. Le plus tôt est le mieux. 

La consommation de pornographie peut influencer la sexualité. Alors qu’elle peut être source d’inspiration chez certaines personnes, une consommation importante ou problématique peut rendre les relations sexuelles réelles moins satisfaisantes, déformer les attentes ou provoquer des troubles de la fonction sexuelle. Il est donc important d’adopter une approche responsable de la pornographie. 

À propos de l’auteure: 

Miriam Siegenthaler, sexologue M.A | FSS 

Miriam Siegenthaler est sexologue (Master of Arts) et chargée des médias et de la communication à l’association Fachverband für Sexologie Schweiz (FSS). Dans son cabinet à Berne, elle accompagne des personnes individuelles, des couples et des groupes et répond à leurs questions sur sexualité, la relation et la santé sexuelle. Elle aide ainsi les gens à prendre davantage conscience de leurs propres besoins et à développer une relation harmonieuse avec le corps, le plaisir et la relation. 

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