Publié le 23.03.2026 dans Les étapes de la vie, Prévention

Santé sexuelle: du bien-être pour le corps et l’esprit

La santé sexuelle ne se limite pas à la protection contre les maladies sexuellement transmissibles. Elle signifie se sentir bien psychiquement, émotionnellement et socialement par rapport à sa propre sexualité. Cela implique aussi de se sentir bien dans son propre corps, de connaître ses limites et de pouvoir établir des relations positives – à tout âge. Découvrez pourquoi ce thème est si important et comment renforcer activement votre santé sexuelle.
61 %

de la population suisse n’a encore jamais fait de test de dépistage des maladies sexuellement transmissibles. (Enquête sur les IST Atupri 2026)

11 %

de la population suisse a eu des relations sexuelles avec plus d’une personne au cours de l’année écoulée. (Enquête sur les IST Atupri 2026)

2 sur 3

jeunes hommes suisses présentent une qualité de sperme sous-optimale. (Medscape, 2019)

36,7 %

des 15-49 ans utilisent le préservatif. (OFS, 2024)

12 793

cas de chlamydias ont été signalés en Suisse en 2024. (OFSP, 2025)

La santé sexuelle en un coup d’œil 

  • La santé sexuelle concerne le corps, le psychisme, les relations et les droits, et englobe des thèmes tels que la contraception, la grossesse, les maladies sexuellement transmissibles, le couple, la capacité de communication et l’autodétermination. 
  • La sexualité évolue au cours de la vie – et c’est normal. 
  • L’autodétermination, la sécurité et le bien-être sont essentiels pour la santé sexuelle. 
  • La communication ouverte, la prévention ainsi que le développement continu sont des éléments capitaux. C’est pourquoi il est important de pouvoir parler ouvertement de sexe dans un couple. 
  • La santé sexuelle peut être renforcée au même titre que notre santé générale. Des spécialistes formé-e-s vous accompagnent sur la voie de votre santé sexuelle personnelle. 

La sexualité est extrêmement variée. Les chiffres l’illustrent également. Non seulement les préférences, les souhaits et les limites diffèrent, mais aussi les méthodes de contraception, la conscience de l’existence de maladies sexuellement transmissibles (et des possibilités de test), ou encore la disposition à parler de sexe dans un couple. 

Tous ces thèmes font partie de notre santé sexuelle – et bien que le sexe soit omniprésent, nous ne nous préoccupons guère de notre propre santé sexuelle. Nous pensons qu’il est grand temps de changer cela. 

Qu’est-ce que la santé sexuelle? 

Lorsqu’on parle de santé sexuelle, beaucoup pensent souvent à la contraception, aux maladies sexuellement transmissibles ou à la consultation d’un-e gynécologue ou d’un-e urologue. Ceci est important, mais ce n’est qu’une partie d’un puzzle beaucoup plus grand. 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) donne par conséquent une définition beaucoup plus large du terme: la santé sexuelle décrit un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social dans le domaine de la sexualité.

Être en bonne santé sexuelle signifie notamment: 

  • connaître et accepter son propre corps; 
  • vivre sa sexualité de manière autonome et volontaire – sans discrimination, violence ou contrainte fondées sur le sexe, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre; 
  • percevoir le désir, la proximité et les limites, et pouvoir communiquer; 
  • se sentir en sécurité dans sa sexualité – physiquement et émotionnellement. 

Les droits sexuels sont un élément central de la santé sexuelle. Ils font partie des droits de l’homme, car avec la sexualité, ils concernent un aspect central de l’être humain. Ils décrivent le droit de vivre sa propre sexualité avec plaisir et sans contrainte, discrimination ou violence. 

Pourquoi la santé sexuelle concerne tout le monde – et nous aussi en tant qu’assurance 

La sexualité n’est pas quelque chose que l’on «règle» une fois, que ce soit lors de l’éducation sexuelle à l’adolescence ou au moment du premier rapport. La sexualité nous accompagne tout au long de notre vie. Parfois très présente, parfois en arrière-plan. 

Outre la vie amoureuse, elle influence toujours d’autres aspects de notre être, tels que: 

  • notre estime de soi, 
  • notre couple et la gestion de la proximité, 
  • notre santé psychique et physique, 
  • la satisfaction générale et la qualité de vie.  

Pourtant, on a souvent l’impression que nous ne devons nous préoccuper de la sexualité que lorsque des problèmes apparaissent (ou qu’il s’agit d’informer). Au contraire, la santé sexuelle relève du soin de soi et fait partie d’une prévention globale de la santé. C’est pourquoi, en tant qu’assureur, nous nous penchons également sur ce sujet important. 

La santé sexuelle en Suisse

La santé sexuelle ne se chiffre que partiellement. Des indications sont fournies par exemple par la fréquence des maladies sexuellement transmissibles, le taux de mortalité en cas de cancer du col de l’utérus ou de la prostate, ou encore l’attention politique et sociale accordée à ce thème. 

Diverses études mettent en lumière certains aspects de la santé sexuelle, par exemple: 

  • En 2026, Atupri a créé sa propre enquête sur le comportement en matière de test en lien avec les infections sexuellement transmissibles (IST). Celle-ci montre que la plupart des Suissesses et des Suisses ne se font pas dépister – et que le manque de connaissances, la honte ou les coûts des tests les en dissuadent aussi. 
  • L’étude «Sex Education Switzerland» de la Haute école pédagogique de Zurich a étudié l’éducation sexuelle à l’école et constaté que l’accès à une éducation sexuelle de qualité varie fortement en Suisse. 
  • Les jeunes recrues font régulièrement l’objet d’études sur les thèmes de la santé sexuelle. Une étude de l’Université de Genève de 2019 a par exemple constaté que la qualité du sperme n’est pas optimale chez deux hommes sur trois. Une autre étude menée avec des recrues s’est penchée sur la consommation de pornographie et révélé que plus d’un homme sur dix consomme des contenus pornographiques trois à sept fois par semaine. 

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Les 4 piliers centraux de la santé sexuelle

Le thème de la santé sexuelle s’étend des aspects juridiques à la santé mentale. Les piliers suivants sont particulièrement importants à cet égard.

Les aspects physiques de la santé sexuelle concernent par exemple l’équilibre hormonal, la circulation sanguine, la fertilité, les maladies sexuellement transmissibles, l’excitabilité ou encore la capacité à percevoir les stimuli sexuels. Selon la phase de la vie dans laquelle on se trouve, différents aspects physiques sont prioritaires: 

Il est tout à fait normal que la santé sexuelle physique change au cours de la vie, à la fois en raison des changements hormonaux et de besoins nouveaux. 

Avoir conscience de cet aspect vous permet de mieux le gérer et de promouvoir activement votre santé sexuelle physique – ou, si nécessaire, de chercher un soutien ciblé.

La sexualité commence souvent dans la tête. Ce que nous pensons et savons de la sexualité – nos représentations, croyances, valeurs, normes et modes de pensée – influence de manière déterminante la manière dont la sexualité est vécue. La pression de la performance, les incertitudes ou les attentes peuvent influencer considérablement l’excitation et le désir – et même devenir une contrainte mentale et physique. 

Mais la sexualité peut aussi avoir un effet fortifiant et être une sorte de ressource. La proximité, l’intimité ou la masturbation peuvent réduire le stress et favoriser le bien-être. 

La santé sexuelle mentale touche souvent l’esprit et le corps. Ainsi, la peur de l’échec peut entraîner une perte de libido ou des troubles de l’érection, tout en provoquant un stress psychique durable. 

Les comportements compulsifs tels qu’une addiction au sexe ou à la pornographie influencent également la santé sexuelle mentale et peuvent déclencher des symptômes tels que des états anxieux ou des problèmes de concentration. 

Mais ce sont justement ces aspects mentaux qui restent souvent tabous et associés à de la honte.

Ce qui te fait du bien est sain. Cela vaut également pour la santé sexuelle. La situation est différente d’une personne à l’autre et évolue au cours de la vie, notamment aussi en ce qui concerne la sexualité. Comme les rapports sexuels impliquent généralement une autre personne, le thème de la communication est décisif pour la santé sexuelle. 

«Tout le monde n’a pas les mêmes préférences, conceptions ou limites. L’essentiel est que les couples ou les partenaires développent une sexualité commune et consensuelle.» Miriam Siegenthaler, sexologue M.A | FSS 

Être en bonne santé sexuelle signifie aussi pouvoir parler de ses besoins, de ses souhaits et de ses incertitudes avec sa ou son partenaire. Beaucoup d’entre nous n’ont jamais appris à parler de sexe. C’est pourquoi il n’est pas facile de parler ouvertement de ce sujet, alors que c’est très important. Car des discussions franches créent les bases d’une proximité respectueuse au sein de chaque couple. Voilà pourquoi nous avons élaboré un guide avec une sexologue. Pour une discussion sans honte ni stress, ludique et franche. 

La santé sexuelle comprend aussi la prévention et la protection – par exemple en ce qui concerne les infections sexuellement transmissibles (IST).. L’éducation sexuelle joue également un rôle décisif, par exemple en fournissant des informations sur les méthodes de contraception (y compris pour les hommes) fiables, ou des possibilités de vaccination et de test pour les maladies sexuellement transmissibles. 

L’éducation et le développement sexuels nous accompagnent tout au long de notre vie. La sexualité n’est pas quelque chose que l’on maîtrise simplement – nous l’apprenons tout au long de notre vie. Dans ce contexte, il peut être utile de faire appel à des spécialistes. 

Cela dit, une sexualité épanouie a aussi besoin de sécurité. L’un des aspects centraux de cette démarche est le consentement mutuel en matière d’actes sexuels. Le consensus ne signifie pas un «oui» unique. Il est plutôt volontaire, éclairé et révocable à tout moment. 

Les aspects juridiques sont également importants à cet égard. Tant au niveau international que national, il existe des droits sexuels importants. Il s’agit notamment du droit à l’éducation sexuelle et à l’accès aux services de santé, du droit à (ne pas) avoir de relations sexuelles, de la protection contre la violence et l’exploitation sexuelles ainsi que du droit à l’autodétermination et à la protection contre la discrimination fondée sur le sexe, l’orientation sexuelle et l’identité de genre. 

Nouveau droit pénal en matière sexuelle en Suisse à partir de 2024 

En juillet 2024, le nouveau droit pénal en matière sexuelle est entré en vigueur en Suisse. Ces modifications essentielles ont pour but de renforcer encore la santé sexuelle: 

  • Élargissement de l’infraction de viol: désormais, la menace et la violence ne sont plus des conditions nécessaires à l’existence d’un viol. L’élément déterminant est de savoir si un acte sexuel a été commis contre la volonté d’une personne. Est désormais considéré comme viol toute intrusion non consensuelle, indépendamment d’une partie du corps ou d’un objet et indépendamment du sexe de la personne concernée. 
  • Le «stealthing»: le retrait non consenti du préservatif pendant un rapport sexuel est désormais puni par la loi. 
  • Solution de refus en cas de consensus: une solution de refus («non, c’est non») s’applique désormais en Suisse. On parle de viol ou d’agression sexuelle lorsqu’une personne manifeste par des mots ou des gestes qu’elle n’est pas d’accord avec l’acte sexuel et que l’autre personne l’ignore délibérément. Le fait d’être figé-e par la peur est également considéré comme un refus. 

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Comment renforcer votre santé sexuelle 

Traitez votre santé sexuelle de la même manière que vous traitez idéalement votre santé physique et mentale – car elle est un élément essentiel de votre santé générale. Vous avez déjà fait le premier pas en lisant cet article. Car ce n’est qu’en ayant conscience de sa santé sexuelle et de ses propres possibilités d’influence que l’on peut y contribuer activement. 

Et comme pour la santé en général, la règle est la suivante: 

  • Prenez votre santé au sérieux: protégez-vous contre les maladies sexuellement transmissibles et faites-vous régulièrement tester. Entraînez-vous à prendre soin de vous et dans le cadre de votre gestion du stress, à renforcer également votre santé mentale. 
  • Parlez-en: apprenez à parler de votre bien-être sexuel, de vos désirs mais aussi de vos limites. Cela crée de la proximité. Réfléchissez activement à votre sexualité – seul-e mais aussi avec votre partenaire. Notre guide «Let’s talk about sex, baby!» vous y aidera. 
  • Demandez de l’aide: faites appel à un-e professionnel-le si vous vous sentez dépassé-e, si la charge devient trop importante ou si vous souhaitez approfondir le sujet. Outre les services de conseil et les sexologues, des psychothérapies en ligne sont également proposées, comme celles de notre partenaire Aepsy – une possibilité facile d’accès et simple. 

Faire un test de dépistage des maladies sexuellement transmissibles de manière simple et autonome à la maison? C’est possible. Vous pouvez également contrôler votre santé générale, vos réserves d’ovocytes ou d’éventuelles carences nutritionnelles tout aussi facilement. Avec notre partenaire «Health Yourself», nous mettons en jeu 10 tests de laboratoire d’une valeur pouvant atteindre CHF 300.– chacun. 

La sexualité évolue et ce n’est pas grave 

La sexualité évolue au cours de la vie – en fonction de la phase de vie, des circonstances et de la santé physique et mentale. Dans les couples de longue date, le désir peut changer, tandis que dans un nouvel amour, la nervosité, les attentes et la pression peuvent devenir un fardeau au lit. 

La santé sexuelle est tout aussi peu statique que notre bien-être général physique ou émotionnel. 

Comme pour la santé mentale, nous sommes plutôt confrontés à la honte, à la stigmatisation et aux tabous de notre propre sexualité. Alors que certains moyens auxiliaires comme les gels lubrifiants sont évidents en cas de modifications de la sexualité physique, il nous est difficile de parler des changements émotionnels – alors qu’ils en font tout autant partie. 

Les personnes qui ont appris à parler ouvertement de leurs souhaits, de leurs besoins et de leurs limites sont clairement avantagées. Notre guide pourra peut-être vous aider à avoir des conversations franches et décontractées sur le sexe. 

Services de conseil en santé sexuelle 

La solution ne réside pas toujours dans une discussion ouverte avec la ou le partenaire. La honte est peut-être trop grande ou le stress persistant. En pareils cas, l’aide d’un-e professionnel-le peut s’avérer utile. En Suisse, l’offre de services de conseil et de points de contact est heureusement vaste.  


Les adresses suivantes peuvent vous aider: 

  • SANTÉ SEXUELLE SUISSE (SSCH): organisation faîtière comptant plus de 80 services spécialisés régionaux. Plus d’informations sur sante-sexuelle.ch 
  • Association Fachverband für Sexologie Schweiz (FSS): la FSS promeut la sexologie dans la pratique et la science. Sa carte interactive vous permet de trouver des sexologues et des sexothérapeutes qualifié-e-s près de chez vous. 
  • Offres de conseil régionales et cantonales: en Suisse, il existe de nombreux points de contact régionaux et cantonaux pour les questions relatives à la santé sexuelle. Le répertoire de l’organisation faîtière pour la santé sexuelle vous aide dans votre recherche: Accéder au répertoire
  • Männer.ch: les hommes trouveront sur la carte des services de conseil de männer.ch les points de contact cantonaux. 
  • Hôpitaux régionaux et checkpoints: de nombreux hôpitaux régionaux et centres de consultation et de dépistage spécialisés proposent des conseils, des tests et un soutien médical en matière d’infections sexuellement transmissibles. 
  • Aepsy: en cas de troubles mentaux, la psychothérapie est également une option. Aepsy offre une possibilité simple et rapide de soutien psychologique qualifié. Atupri est partenaire officiel d’Aepsy et les assuré-e-s d’Atupri Intense bénéficient d’une participation aux coûts de 75 % jusqu’à CHF 2’000.– par an pour les thérapies via Aepsy. 

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Let’s talk about sex, baby!  

Comment réussir à parler ouvertement de ses désirs, de ses préférences et de ses limites en matière de relations sexuelles? Nous nous sommes aussi posé la question et avons donc élaboré un guide. Pour une discussion sans honte ni stress, ludique et franche.

À propos de l’auteure: 

Miriam Siegenthaler, sexologue M.A | FSS 

Miriam Siegenthaler est sexologue (Master of Arts) et chargée des médias et de la communication à l’association Fachverband für Sexologie Schweiz (FSS). Dans son cabinet à Berne, elle accompagne des personnes individuelles, des couples et des groupes et répond à leurs questions sur sexualité, la relation et la santé sexuelle. Elle aide ainsi les gens à prendre davantage conscience de leurs propres besoins et à développer une relation harmonieuse avec le corps, le plaisir et la relation. 

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